manif annecy

Publié le par serge

 
manif du 24 janvier 2009


premiére video


annecy tarnac


premier texte


                                  Matin brun

                                                Franck Pavloff


Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l'autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu'il m'a dit qu'il avait dû faire piquer son chien, ça m'a surpris, mais sans plus. C'est toujours triste un

clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l'idée qu'un jour ou l'autre il va mourir.

                  - Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

                  - Ben, un labrador, c'est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

                  - C'est pas la question, c'était pas un chien brun, c'est tout.

                   - Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

                   - Oui, pareil.


Pour les chats, j'étais au courant. Le mois dernier, j'avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir. C'est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d'après ce que les scientifiques de l'Etat national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu'ils s'adaptaient mieux à notre vie citadine, qu'ils avaient des portées peu

nombreuses et qu'ils mangeaient beaucoup moins. Ma fois un chat c'est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d'une façon ou d'une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n'étaient pas bruns. Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d'arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon cour s'était serré, puis on oublie vite.

 Les chiens, ça m'avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c'est plus gros, ou que c'est le compagnon de l'homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d'en parler aussi naturellement que je l'avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c'est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

On n'avait plus grand-chose à se dire, on s'était quittés mais avec une drôle d'impression.Comme si on ne s'était pas tout dit. Pas trop à l'aise. Quelque temps après, c'est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu'il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

                           - Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

                           - Non, non, c'est à la suite de l'affaire des chiens.

                           - Des bruns ?

                           - Oui, toujours. Pas un jour sans s'attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu'à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu'il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

                          - · trop jouer avec le feu...

                          - Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.  
                          - Mince alors, et pour le tiercé ?

                          - Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n'y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu'il reste un journal dans la ville, on ne pouvait pas se passer d'informations tout de même.

J'avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j'avais sûrement tort de m'inquiéter.

Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore. Les maisons d'édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville,étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques.

Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d'édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.


                      - Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n'a rien à y gagner à accepter qu'on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation. Par mesure de précaution, on avait pris l'habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après

tout, le langage c'est fait pour évoluer et ce n'était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter " putain con ", à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles. On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations. Un jour, avec Charlie, je m'en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu'il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

                  - Tu vois, finalement il est plus affectueux que l'autre, et il m'obéit au doigt et à l'oeil. Fallait pas que j'en fasse un drame du labrador noir. · À peine il avait dit cette phrase, que son chien s'était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n'obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

                  - Non, toi aussi ?

                  - Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier

sur l'armoire. Un matou au regard et aux poils bruns. Qu'est ce qu'on avait ri. Tu parles d'une

coïncidence !

                  - Tu comprends, je lui avais dit, j'ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci?

                  - Magnifique, il m'avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l'oeil. Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu'on avait passé un sacré bon moment, et qu'on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien

sûr je pensais au petit garçon que j'avais croisé sur le trottoir d'en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s'il écoutait bien ce qu'on lui disait, les chiens n'étaient pas interdits, il n'avait qu'à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l'ancien.

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j'ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m'ont pas reconnu, parce qu'ils sont nouveaux dans le quartier et qu'ils ne connaissent pas encore tout le monde.

J'allais chez Charlie. Le dimanche, c'est chez Charlie qu'on joue à la belote. J'avais un pack de bières à la main, c'était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J'ai fait semblant d'aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l'ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

                    - Pourtant son chien était un vrai brun, on l'a bien vu, nous !

                    - Oui, mais à ce qu'ils disent, c'est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.

                    - Avant ?

                    - Oui, avant. Le délit maintenant, c'est aussi d'en avoir eu un qui n'aurait pas été brun. Et ça, c'est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin. J'ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j'étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu'avant j'avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n'y aurais jamais pensé ! Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n'est pas parce qu'on aurait acheté récemment un animal brun qu'on aurait changé de mentalité, ils ont dit. " Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. " Le speaker a même ajouté " injure à l'Etat national ". Et j'ai bien noté la suite. Même si on n'a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu'un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple,en a possédé un, ne serait ce qu'une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

                    - Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C'est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun. Bien sûr, s'ils cherchent avant, ils n'ont pas fini d'en arrêter des proprios de chats et de chiens. Je n'ai pas dormi de la nuit. J'aurais dû me méfier des bruns dès qu'ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour

Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment ? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ? On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n'arrive jamais. J'ai peur. Le jour n'est pas levé, il fait encore brun au dehors. Mais, arrêtez de taper si fort, j'arrive.


deuxiéme video


annecy tarnac 2

texte 2

 

 

 

PETIT PRECIS DE DESOBEISSANCE CIVILE

( Woody Allen)

 

 

Pour se révolter, aucun habillement spécial n’est nécessaire ..il n’est pas besoin d’être à cheval ni sur le lieu ni sur l’horaire..

 

Les gens ou les partis contre lesquels on s’insurge sont appelés « les oppresseurs ». On les reconnaît facilement à ce qu’ils sont les seuls à s’amuser. En règle générale, les « oppresseurs » portent des costumes sur mesure, possèdent de vastes propriétés et peuvent faire du bruit la nuit sans qu’on leur crie après. Leur fonction consiste à maintenir le statu quo (tout reste pareil, sauf un ravalement tous les deux ans).

Quand les « oppresseurs » deviennent trop sévères, nous avons ce que nous appelons un Etat policier, dans lequel toute contestation est interdite, c'est-à-dire ricaner, porter un chapeau melon, ou traiter le maire de grosse vache.

 

Dans un Etat policier, les libertés civiles sont terriblement restreintes, et la liberté d’expression est inconnue, sauf à la rigueur chez les mimes.

Il est formellement interdit de critiquer les gouvernants, surtout sur leur façon de chanter l’hymne national.

La liberté de presse est étroitement surveillée et le parti écrème les informations, ne laissant parvenir aux citoyens que les idées politiques dans la ligne, et les résultats de football qui ne risquent pas de provoquer l’agitation.

 

 

Les groupes qui se révoltent sont appelés « les opprimés ». On peut généralement les voir tourner en rond et grommeler, ou dire qu’ils sont malades. (Il est bon de remarquer que les oppresseurs ne se révoltent jamais et refusent de devenir des opprimés).

 

 

(Woody Allen : Dieu, Shakespeare et Moi, Opus 1 Ed Points)

 

 


trosiéme video

annecy tarnac 3

troisiéme texte

L’argent devient roi,

L’Homme son majordome.


Les badauds sont là.

Ils se tiennent par le bras

Mais ne se regardent plus.

 

Ils déambulent dans les rues.

Tant de vie et si peu de sourire.

Tant de vie et moins de joie de vivre.

Mais c’est pas grave, y a pire.


Le voisin devient un étranger,

L’indifférence la norme.


Les badauds sont là.

Ils marchent au pas.

Mais ne s’en aperçoivent même plus.

Ils déambulent dans les rues.

Sans se soucier qu’ailleurs on tue.

Sans se soucier qu’ici aussi on tue,

Mais qu’on s’y habitue.


Penser devient gênant,

La prison une solution.


Les badauds sont toujours là.

Mais plus de débats.

Quelque chose a disparu.

Ils déambulent dans les rues.

Sans se soucier qu’ils ne pensent plus.

Sans se soucier qu’ils ne sont plus.

Qu’il est trop tard.

Que les badauds n’existent plus.


L’élu devient monarque

Et l’utopiste un terroriste.

quatriéme video


annecy tarnac 4

quatriéme texte

Sur les cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom

Sur toutes les page lues
sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

sur les image dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genets
Sur l'écho de mon enfance
J'ecris ton nom

ur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
j'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'ecris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la véritée physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familliers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lévres attendives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris  ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaitre
Pour te nommer

Liberté
cinquiéme video

texte 6

Y paraît que ça existe encore
Que l'on construit des prisons
Qu'on a toujours dans la tête
D'être bien dans sa pt'ite chaussette
Qu'madame aime pas qu'on joue de la trompette
Alors on construit des prisons
Y faut bien punir les assassins
Comme ça au moins on a pas tout perdu
Et après on r'jouera au fotball
On laissera crever les assassins
On mangera la part du défunt
Et on f'ra prospérer les prisons
Mon pt'it gars un jour s'ra promoteur
C'est pas comme cette bande de pt'it voleurs
On en f'ra une pour les musiciens
Une en lingot pour le roi des prolos
On en f'ra une pour les parisiens
Mon pt'it gars d'viendra politicien
On en f'ra aussi pour les enfants
Les poivrots, vingt ans dans le métro
Une pour mon chien, une pour les écrivains
Faut enfermer tous ces assassins
Une aussi pour toutes les putains
Un cachot pour les intellos
On en f'ra une pour les africains
Une centrale pour les pays australs
Des p'tits trains pour tous ces assassins
Mon p'tit gars fait pas ça par plaisir

 

septiéme video

 


annecy tarnac 7

septiéme texte

Un An de traque de présumé terroriste.

Le 11 novembre 2008, à Tarnac et dans d'autres villes de France , une opération policière d'une grande ampleur eu lieu pour arrêter les supposés saboteurs de caténaires des lignes de chemins de fers. Accusés d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, seul l'un d'entre eu reste actuellement incarcéré alors que ces camarades d'infortunes furent relâchés au compte goutte. Comme le constate Laurent Bonelli sociologue, professeur à l'université Paris X «L’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste consacre une figure judiciaire singulière, qui va permettre une neutralisation préventive. Dit autrement : en matière antiterroriste, il s’agit d’arrêter les gens avant que les délits ne soient commis. C’est quelque chose qui n’existe nulle part ailleurs, pas même aux Etats-Unis. »


Ces événements médiatisés font parti de l'offensive généralisée du gouvernement depuis maintenant un an en vu de criminaliser les mouvements sociaux. En effet le 19 janvier dernier deux camarades Ivan et Bruno, en route pour la manifestation contre le centre de rétention de Vincennes, se font interpeller en possession d'un fumigène maison composé de chlorate de soude, farine et sucre, qui une fois allumé forment un dégagement de fumé important. Les policiers retrouveront aussi des clous tordus qui leur feront prendre les chemins de la section antiterroriste. Certains journaux titreront « les juniors terroristes avaient une bombe en kit » Alors que des clous tordus ressemblent plus à des crèves-pneus et que le mélange incriminé est utilisé depuis des années par des manifestants comme fumigène. Une troisième personne, Damien, sera lui aussi interpellé son seule tort: connaître Ivan et Bruno et se trouvé aux mauvais endroits au mauvais moments. Ivan et Bruno seront incarcérés et Damien relâchés sous contrôle judiciaire.

 


Quelques jours plus tard du coté de Vierzon, Farid et Isa se font arrêté lors d'un contrôle de douane avec en leur possession deux kilos de chlorate de soude, des plans d'une prison pour mineurs et des manuels expliquant différentes techniques de sabotage( le chlorate de soude s'achète dans une quincaillerie, le plans et les manuels se trouvent sur internet). Après quelques heures de garde à vue, ils sont pris en charge par la section anti-terroriste de Paris. Durant la garde-à-vue, les policiers prétendent que l'ADN d'Isa se recoupe avec une des traces ADN trouvées dans un sac contenant des bouteilles d'essences et des allumes feux, retrouvé sous une dépanneuse de la police parisienne.

Farid, Bruno puis Ivan sortiront après quatre mois de prison, sous contrôle judiciaire strict. Pendant ce temps-là, les deux enquêtes sont jointes en un même dossier instruite par des juges anti-terroristes, Marie-Antoinette Houyvet et Edmont Brunaud. Selon la justice, toutes les personnes appartiennent à la même organisation terroriste : la « MAAF », mouvance anarcho-autonome francilienne. Mais avons nous déjà vu un tract signés de celle ci ou une revendication d'une action par cette mouvance?

 


Un des objectifs de l’enquête est de retrouver les personnes qui auraient voulu incendier la dépanneuse de police. Pour eux, l’équation est simple : ils disposent de 5 traces ADN, il suffira de savoir à qui ils correspondent et ce seront eux les coupables. La police ratisse alors dans l’entourage des personnes arrêtées et des personnes fichées anarcho-autonomes. Ils finiront par accuser Juan et Damien et les mettent en prison. Qu’importe si Isa, Juan et Damien nient les faits qui leur sont reprochés. Après tout, ils participent à des manifestations, à des luttes contre l’enfermement, ont chez eux de la « littérature anarchiste ». Un profil de « subversif » et quelques traces génétiques, une tentative d’incendie transformée en un attentat contre un commissariat, voilà pourquoi cela fait des mois qu’ils sont en prison. Bruno lui a préféré se soustraire à la justice et est aujourd'hui en cavale.

 


On ne le répètrera jamais assez : la terreur n’est pas une arme révolutionnaire, c’est TOUJOURS l’arme d’un Etat

.

 



huitiéme video


annecy tarnac 8

 

 

 

 

du sabotage considéré

comme un des beaux arts

 

 

IL FAUT VRAIMENT ÊTRE AVEUGLE

 

pour ne
pas voir dans le sabotage
une arme classique
des exploités
. Il faut vraiment avoir la mémoire

cour

 

-te pour oublier que, dans toute guerre
sociale, nombre de révolté
n'attendent pas
nécessairement que tout le monde se bouge
pour exprimer
leur colère.


Des émeutes de novembre

 

2005 à celles
 du CPE au printemps
2006, des occupations
d'usines et séquestrations de dirigeants aux
nombreux
sabotages lors du mouvement
cheminot de novembre
2007,il semble clair
pour beaucoup que ce n'est pas en mendiant

qu'on peut en finir avec une situation de
misère et d'exploitation.


Dans cette société carcérale, on voudrait nous
faire croire à coups
de tazers ou de bulletins
 de vote que nous vivons dans le meilleur

des mondes

 

: la démocratie marchande.
Les .
guerres ou l'empoisonnement de la planète
au nom du fric viennent pourtant nous rappeler que le

capitalisme est un système mortifère et que
l'Etat est un ennemi.


Alors il faut se battre, pour détruire ce qui nous détruit

 

.
 
Lutter individuellement et collectivement là où
l'on est, pour un monde libéré de l'exploitation et

de la domination

 

. Et ce n'est ni à leur code pénal
ni à leur morale
de nous dicter ce que nous avons
à faire
, mais à la rage et à l'éthique de chacun.


Le

 

11 novembre, dix personnes ont été arrêtées lors
d'une nouvelle opération
du Ministère de la Terreur,
accusées des sabotages de caténaires de la SNCF

du week-end précédent

 

. Les journaflics et les politicards,
chacals de tous bords
, se sont aussitôt empressés
' de
 dénoncer un imaginaire mouvement
«anarcho
-autonome».
Sous ce même prétexte d' «association de
malfaiteurs
 à but terroriste», trois camarades sont déjà incarcérés,

parfois depuis

 

. plus. de 9 mois, accusés-d'une
tentative-
d'Incendie de véhicule de police à Paris C18e)
en mai
2007, lors des explosions de colère venues
saluer la dernière élection présidentielle
.

 


En un temps «de crise» où l'Etat arrose les capitalistes
 à coups de
milliards, il tente une fois de plus d'isoler de
 «mauvais révoltés»
pour mieux les éliminer

 

.
Mais peu importe qu'ils soient coupablesou innocents,
laissons ces catégories aux charognes en toge et à

leurs souteneurs

 

.


Car de même que la passion pour la liberté ne s'enferme
pas dans
des sigles, ce que redoute la domination c'est la  
multiplication diffuse
et anonyme de ces attaques

 

.
 
Solidarité contre le terrorisme d'Etat,
avec les moyens
 que chacun jugera adéquats
.
Brisons le train-train quotidien, 12 novembre

..

2008




Publié dans annecy

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sd 14/02/2009 21:07

Bravo au camérama,bravo pour de si beaux textes,bravo les narrateurs,bravo à woddy allen de nous avoir accompagné,bravo aux annéciens qui nous ont écouté,bravo à ceux qui ont l'air triste et de s'ennuyer dans cette ville embourgeoisée et aseptisée,on s'est bien marrés.
En hommage à Estéban qui a montré le chemin de la liberté à Julien et à tous ceux qui sont emprisonnés et inculpés.